Langue

Processus lessiviel

Conseils pratiques pour garantir la propreté microbiologique

Le linge utilisé en institutions de soins doit subir un traitement particulier qui garantisse que ce dernier ne soit pas le vecteur de problèmes infectieux, et notamment le vecteur d’infections nosocomiales, au sein de ces institutions.
Au cours des dernières années, les infections nosocomiales dues à des microorganismes (comme les staphylocoques dorés, les entérocoques, Clostridium difficile, Acinetobacter, Bacillus cereus, Pseudomonas aeruginosa, Candida sp.…) dans les hôpitaux mais aussi dans des maisons de repos voire des crèches, …sont de plus en plus fréquentes. La décontamination du textile « sale » provenant des institutions de soins est donc une étape importante dans la lutte contre ces infections. Le textile après entretien doit non seulement répondre à des critères physico-chimiques mais également à des critères microbiologiques.

Compte tenu de ces problèmes d’infections, les Recommandations en matière de traitement du linge des institutions de soins publiées en 2005 par le Conseil Supérieur d'Hygiène (Service Public Fédéral de la Santé publique, de la Sécurité de la chaîne alimentaire et de l’Environnement) est plus que jamais d’actualité et, s’il ne représente pas une obligation légale, il devrait toutefois être suivi par les institutions de soins afin de se prémunir en cas de problèmes voire de représailles.

Toutes les institutions de soins prenant en charge des patients, personnes âgées, enfants en bas âge et personnes handicapées sont concernés par ce document, pas seulement les hôpitaux mais également les institutions de moyen et long séjour, les centres de revalidation, les maisons de repos et de soins, les crèches…

Tout textile utilisé dans ces établissements : le linge plat, le linge provenant du bloc opératoire ou assimilé, les vêtements de travail, le linge dit "délicat", les vêtements de patients de long séjour, les textiles utilisés pour l'entretien ménager, les textiles de fenêtres, séparation de lits et la literie (matelas, oreillers, couettes, couvertures) sont des vecteurs potentiels de microorganismes et pourraient constituer des nids infectieux et jouer un rôle dans la transmission de germes nosocomiaux.

Tous les programmes d’entretien utilisés pour ces textiles devraient par conséquent être validés quant à leurs propriétés décontaminantes, via un contrôle microbiologique.

Procédure

Le contrôle microbiologique du processus lessiviel consiste à soumettre, à un cycle d’entretien de routine, des linges d’essai artificiellement contaminés par des germes-cibles représentatifs (généralement Staphylococcus aureus (Gram +) et Escherichia coli (Gram -)). Au terme du cycle de lavage, ces linges sont récupérés et examinés (numération des germes survivants) afin de déterminer l’efficacité du lavage, en termes de décontamination. Parallèlement, un contrôle supplémentaire est réalisé sur la dernière eau de rinçage; laquelle est également soumise à une analyse bactériologique (numération du nombre de germes).

Un processus lessiviel satisfaisant doit garantir une diminution des germes-cibles sur les linges d’essai d’au moins un facteur 104 mais également un maximum 10 germes autres que les germes-cibles par cm2 et /ou moins de 100 germes par ml de liquide de rinçage.

Centexbel réalise ces contrôles microbiologiques au sein des blanchisseries, évalue l’efficacité de décontamination des processus lessiviels et délivre un certificat de conformité aux recommandations du Conseil Supérieur d’Hygiène.

Centexbel, par ses missions de consultance, peut également vous aider à identifier et résoudre vos problèmes en cas de non-conformité aux objectifs microbiologiques des recommandations formulées par le Conseil Supérieur d’Hygiène ou par le cahier des charges d’une institution de soin.
Quels conseils pour un service optimal ?

La décontamination du linge lors du lavage est le résultat d’un traitement thermique généralement combiné à un traitement chimique. Une décontamination ne pourra être obtenue qu’avec une certaine combinaison de paramètres. Parmi ceux-ci, trois paramètres sont essentiels : le type de traitement (température et concentration en produit chimique), la durée du traitement et le type de cycle lessiviel (associé à un type d’appareil de lavage).

Une recette « température et concentration en produit chimique » satisfaisante dans une machine à tambour ne le sera pas nécessairement dans un tunnel de lavage.

Deuxième point important pour garantir un linge microbiologiquement propre : la qualité microbiologique de l’eau. Il faut utiliser une eau microbiologiquement propre lors des étapes de rinçage consécutives à l’étape de lavage, qui est l’étape généralement décontaminante. Les étapes de rinçage se faisant généralement à plus basse température et parfois sans désinfectant ni produit chimique, l’utilisation d’une eau impropre d’un point de vue microbiologique résulterait en effet en la recontamination du linge.

Il faut aussi garder à l’esprit que toute eau stagnante est un milieu favorable à la multiplication des microorganismes, d’autant plus si des résidus de savons s’y trouvent. Par ailleurs, certains germes ont la fâcheuse tendance à former un biofilm. Les biofilms sont généralement très difficile à éliminer sans action mécanique. Aussi, s’ils colonisent des endroits inaccessibles (au nettoyage mécanique) comme les tuyauteries ou des fond de cuve, une contamination récurrente de la machine pourrait se produire et le linge entretenu pourrait se recontaminer après l’étape de décontamination. Ceci est plus particulièrement vrai pour des appareils de lavage comme les tunnels.

L’idéal serait une machine à laver qui puisse être vidangée lors de son inutilisation. Ceci est un peu utopique mais permettrait portant d’éviter bien des problèmes et des risques de (re)contamination du linge. Eviter au maximum les eaux stagnantes devrait être un critère influençant les choix lors de la mise en place d’un processus lessiviel destiné à traiter le linge des institutions de soins.

La décontamination du linge n’est donc pas un processus si simple et la mise en place de procédures internes bien spécifiques ne sont pas un luxe. La norme RABC (EN 14065) va d’ailleurs dans ce sens.

Outre la décontamination, il faut également éviter la recontamination du linge après lavage, lors des étapes de finition et d’emballage, même si cette zone dite « propre » est séparée de la zone dite « sale ».

L’environnement de travail -en termes de propreté de l’air et des surfaces avec lesquelles le linge entre en contact- ainsi que l’hygiène du personnel sont également important afin d’éviter toute recontamination du linge après lavage.

L’état microbiologique du linge prêt à l’envoi peut également être évalué par des prélèvements de contact sur ce linge (tests pouvant être réalisés par Centexbel) et la conformité avec les recommandations du Conseil Supérieur d’Hygiène vérifiée.