Finition Numérique dans l’Industrie Textile
La finition numérique consiste à utiliser une imprimante numérique pour appliquer une finition sur les textiles. Cette finition est un traitement invisible à l’œil nu, mais qui confère au textile des fonctionnalités spécifiques telles que la résistance au feu, des propriétés antimicrobiennes, la stabilité aux UV, l’imperméabilité, etc. Les textiles haut de gamme subissent souvent ce traitement afin d’en améliorer les performances.
L’utilisation d’imprimantes numériques pour appliquer des finitions sur les textiles est une approche relativement nouvelle qui offre de nombreux avantages. L’un des bénéfices est la réduction de l’usage de produits chimiques, car les imprimantes numériques permettent un dosage très précis à l’échelle du picolitre. De plus, ces imprimantes permettent d’imprimer uniquement sur un seul côté du tissu, contrairement aux méthodes traditionnelles qui traitent le tissu dans son intégralité. Cela autorise une application localisée et ciblée des finitions.
Par exemple, une finition antimicrobienne peut être appliquée uniquement là où elle est nécessaire, comme sur la face extérieure d’un vêtement. Cette application ciblée permet un usage efficace des ressources tout en maximisant la fonctionnalité souhaitée du textile.
Cette stratégie vise à réduire l’usage de produits chimiques, d’eau et d’énergie, tout en protégeant la santé humaine et l’environnement en limitant l’exposition aux substances dangereuses.
Pourquoi utiliser des finitions numériques ?
La finition numérique présente de nombreux avantages par rapport aux techniques traditionnelles comme le foulardage ou l’immersion. Contrairement à ces méthodes qui nécessitent un bain contenant tous les produits chimiques, l’impression numérique permet une application précise uniquement là où c’est nécessaire. Cela évite de traiter l’intégralité du tissu, réduisant ainsi le gaspillage chimique et le besoin de nettoyage ultérieur.
Certaines fonctions, comme l’imperméabilité, ne sont utiles que sur une seule face du tissu. Plutôt que de l’appliquer à l’intérieur d’un vêtement, l’impression numérique permet de l’appliquer uniquement à l’extérieur. En plus de l’ajout de couleurs et de motifs, cette technique permet aussi d’intégrer des additifs « invisibles » comme les retardateurs de flamme, les antimicrobiens, les filtres UV ou les agents hydrophobes.
Cette polyvalence élargit considérablement les possibilités de la finition numérique. Étant donné que beaucoup de ces substances sont nocives pour l’environnement, leur usage limité à ce qui est strictement nécessaire rend cette approche plus durable.
L’impression numérique convient-elle à toutes les finitions textiles ?
Non. La technique d’impression numérique comporte certaines limites. Les buses et valves de petite taille des imprimantes peuvent entraîner des problèmes techniques tels que la présence de grosses particules, l’agglomération ou des volumes excessifs. En outre, elle est généralement plus lente que d’autres techniques industrielles. Néanmoins, d’importants progrès ont été réalisés ces dernières années. Plusieurs « encres pigmentaires » sont apparues sur le marché. Ces liants peuvent transporter des colorants ou des additifs, et sont compatibles avec divers substrats, éliminant ainsi le besoin de support spécifique.
Éléments techniques à considérer :
- Il existe de nombreux types d’imprimantes numériques, mais dans le secteur textile, les imprimantes à tête piézoélectrique et à jet de valve sont les plus courantes.
- L’imprimante à tête piézo dispose de petites buses et composants supplémentaires, ce qui en fait la technique privilégiée pour l’impression textile numérique.
- Les têtes d’impression existent avec ou sans recirculation. La recirculation est nécessaire lorsqu’on utilise des particules susceptibles de se déposer ou de remonter. Elle garantit que les pigments restent bien mélangés et ne bouchent pas les buses.
- Les têtes d’impression ne fonctionnent qu’avec certains types de liants. Certains ne passent pas les tests de filtration nécessaires. Cependant, il existe des liants commerciaux compatibles.
- L’ajout d’additifs nécessite un développement complémentaire pour assurer une viscosité, conductivité et comportement adéquats.
- Les imprimantes à jet de valve sont plus tolérantes aux encres. Leurs buses plus grandes permettent une viscosité plus élevée, mais la résolution est inférieure à grand volume. C’est une limite pour certaines applications, mais un atout pour d’autres comme les moquettes ou les textiles non-tissés.
Une étude de cas dans le cadre du projet RELIANCE
Le projet Reliance montre comment les textiles peuvent devenir plus écologiques. Il développe de nouvelles particules antimicrobiennes qui seront étudiées dans trois secteurs (textile, électroménager et automobile). Pour l’application textile, une finition numérique sera développée à l’aide de ces particules intégrées à des polyuréthanes (partiellement) biosourcés de haute performance.
Les partenaires du projet fourniront une nanoparticule de silice mésoporeuse dopée au cuivre (Cu-SMIN) de nouvelle génération, qui sera transformée en dispersion et intégrée aux polyuréthanes biosourcés. Ce mélange sera ensuite appliqué par finition numérique sur les vêtements de protection d’Alsico High Tech.