PN TOF
Contexte
L’hydrophobie et l’oléophobie sont des propriétés fonctionnelles essentielles dans de nombreuses applications textiles, telles que les vêtements de protection, les textiles d’intérieur et les textiles techniques. Elles facilitent l’entretien pour le consommateur et réduisent l’impact environnemental en diminuant l’utilisation de détergents.
Pendant de nombreuses années, les fluorocarbures ont été utilisés pour conférer ces propriétés aux textiles et au cuir. Cependant, en raison des préoccupations croissantes concernant leurs effets sur la santé et l’environnement, et sous la pression des ONG, la législation s’est durcie. Les textiles déperlants doivent désormais être exempts de fluorocarbures. Des alternatives existent, notamment pour l’hydrophobie, mais elles ne répondent pas encore aux exigences élevées en matière d’oléophobie. Plusieurs composés PFAS sont déjà réglementés dans REACH, les critères OEKO-TEX® et les listes RSL.
L’analyse ciblée des PFAS permet de quantifier des composés spécifiques, mais nécessite des standards de référence. Actuellement, environ 40 PFAS peuvent être quantifiés, un nombre en augmentation.
Une norme européenne a été publiée récemment par le CEN/TC248/WG26 pour la détermination des PFAS. Toutefois, des milliers de composés similaires restent non réglementés. Cela renforce la volonté d’évoluer vers un environnement sans composés perfluorés (PFC).
OEKO-TEX® commencera à éliminer les PFC cette année, avec une limite TOF de 10 mg/kg. La législation californienne impose une limite de 100 mg/kg à partir du 1er janvier 2025, tandis que REACH fixe la limite à 50 mg/kg.
Une autre approche consiste à mesurer le fluor total (TF), le fluor organique extractible (EOF) ou le fluor organique adsorbable (AOF). Ces méthodes détectent aussi bien les PFAS que les composés fluorés non PFAS, même sans standards de référence.
Objectifs
Ce projet prénormatif vise à développer des méthodes analytiques pour déterminer la teneur en fluor organique total (TOF) dans les textiles, en utilisant la chromatographie ionique par combustion (CIC). Cette technique, nouvelle pour les textiles, combine combustion et chromatographie ionique dans un seul système, permettant une analyse automatisée de solides, liquides et gaz.
Le projet développera une méthode de préparation d’échantillons (extraction et purification) simple mais efficace, compatible avec la CIC, pour mesurer le TOF sur une large gamme de concentrations. Cette phase se concentre sur les échantillons contenant uniquement du fluor ; une phase ultérieure traitera des échantillons contenant plusieurs halogènes.
Le projet contribuera activement à l’élaboration d’une norme internationale au sein du CEN/TC 248 WG 26. Il cible l’industrie textile belge, en particulier les PME produisant des textiles déperlants et les formulateurs qui les approvisionnent. La fonctionnalisation des textiles crée une valeur ajoutée économique, mais nécessite des méthodes de mesure fiables pour développer des alternatives durables.