Centexbel à BEDEX en mots et en images
Premières impressions et ambiance générale du salon
Pol, comment as-tu vécu l’ambiance et l’expérience générale de la foire BEDEX ?
Pol Lombaert :
« C’était extrêmement fréquenté, ce qui soulignait à quel point la défense occupe aujourd’hui une place centrale. L’organisation était très rigoureuse, ce qui contribuait à l’énergie positive. En même temps, cela m’a aussi fait réfléchir. On n’y voit pas seulement du matériel de défense, mais aussi des systèmes d’attaque très visibles : balles, grenades, drones… et une forte présence de la gamification.
Il est compréhensible que la conduite de la guerre se déroule de plus en plus derrière des écrans — cela augmente la sécurité des soldats — mais cela crée aussi une distance. Le moindre contact physique avec la réalité du conflit me préoccupe parfois quant à la manière dont nous évaluons encore la gravité des situations de guerre.
Le profil des visiteurs était extrêmement diversifié. Les premiers jours, nous avons vu défiler de nombreuses personnalités politiques, suivies d’un large éventail de professionnels : avocats, entreprises de défense en quête de matériaux spécifiques, délégations militaires et décideurs de différents pays. Et le samedi, ce sont les familles qui étaient présentes — enfants, parents, soldats venus montrer à leurs proches ce sur quoi ils travaillent.
Nos attentes étaient volontairement ouvertes. Nous voulions montrer que le textile joue un rôle bien plus important dans la défense que ce que l’on pense. Avec Fedustria, nous nous sommes positionnés autour du message : le textile est la première couche de protection. Et c’est vrai.
C’était fantastique de voir à quel point les gens étaient surpris par les capacités du textile. Même si beaucoup de visiteurs venaient surtout pour les armes et les gros équipements, nous avons réussi à mettre la puissance du textile en avant. »
Le rôle de Centexbel dans la défense
Comment la participation à BEDEX s’inscrit-elle dans la stratégie de Centexbel en tant que centre de connaissances ?
Pol Lombaert :
« Parfaitement. Nous sommes un centre de connaissances pour les textiles et les plastiques, et que les applications soient civiles ou militaires ne change rien pour nous. Nous sommes totalement agnostiques : nous intervenons là où nos matériaux et notre expertise apportent de la valeur.
Nos missions principales — R&D pour une innovation durable, essais, support technologique, prototypage et diffusion des connaissances — sont directement pertinentes pour la défense. Fiabilité, sécurité, performance… ce sont des thèmes cruciaux pour nous et pour la défense. Il y a donc une correspondance naturelle. »
Intérêt de la défense pour l’innovation et la durabilité
Quels thèmes issus de votre expertise intéressent le plus les entreprises de défense ?
Pol Lombaert :
« Il existe un réel intérêt pour l’écoconception, la protection et les matériaux haute performance. Cela concerne les matériaux pare-balles, les solutions anti-perforation, la protection contre les bombes artisanales, l’isolation, mais aussi tout simplement les vêtements.
Je m’attendais un peu moins à des questions sur la circularité, et pourtant, elles étaient fréquentes : que devient le matériel après usage ? Par exemple : que fait-on des uniformes en matériaux de haute qualité, comme la laine, lorsqu’ils sont mis hors service ? C’est une question pour laquelle nous avons beaucoup d’expérience. »
Le Memorandum of Understanding
Vous avez signé pendant BEDEX un Memorandum of Understanding avec Fedustria, Flanders Make et Wood.be. Quelle en était l’importance ?
Pol Lombaert :
« Très importante. La signature, en présence du ministre Matthias Diependaele, envoyait un signal fort.
D’une part, parce que la collaboration est essentielle. Les ressources (en Flandre) sont limitées, et il est inutile de construire des connaissances parallèles. En combinant nos expertises — la connaissance des machines et des procédés de Flanders Make, l’ancrage sectoriel de Fedustria et notre expertise des matériaux — nous pouvons accélérer l’innovation.
D’autre part, c’est important pour le marché. Pour amener l’innovation aux entreprises, il faut couvrir toute la chaîne : de l’analyse des besoins au conseil technique et à la mise en œuvre. Ensemble, nous y parvenons beaucoup mieux que seuls. »
Enseignements pour Centexbel
Qu’avez-vous appris sur les besoins des entreprises de défense ?
Pol Lombaert :
« Beaucoup plus que prévu. Nous avons découvert des besoins liés à l’acoustique, au comportement au feu, à la conception et à la gestion de chaîne, qui n’étaient pas encore pleinement sur notre radar. Les échanges étaient très larges — du comportement des matériaux à la relocalisation de la production en Europe.
Nous avons également reçu des questions spécifiques et confidentielles, qui montrent clairement que le textile et les plastiques jouent un rôle à toutes les étapes cruciales du processus de défense. Cela ouvre de nouvelles perspectives pour nous.
Il était aussi frappant de constater que beaucoup d’entreprises ne nous connaissaient pas encore bien. Mais durant BEDEX, nous avons réussi à présenter clairement notre expertise, notamment grâce à mes collègues Myriam Vanneste, Isabel De Schrijver et Sander De Vrieze. Ils ont une vision incroyable de tout ce que nous faisons et ont assuré des échanges riches avec tous les visiteurs. »
Innovation, durabilité et circularité
Comment la durabilité s’articule-t-elle avec la défense ?
Pol Lombaert :
« La défense s’y intéresse, mais à sa manière. Les matériaux recyclés n’étaient presque pas abordés, mais les questions sur la circularité après usage, beaucoup plus. Les uniformes en sont un bon exemple.
L’écoconception était un grand thème : comment créer des systèmes de protection qui fonctionnent sous des conditions extrêmes ? Température, humidité, poussière, agents chimiques… C’est un ensemble complexe où les matériaux doivent fonctionner ensemble. Le mono-matériau est rarement une option, mais des combinaisons réfléchies permettent une durée de vie plus longue, moins de matières premières, et donc une véritable écoconception.
Cela correspond parfaitement à ce que nous faisons depuis des années dans les projets civils — et nous pouvons transférer cette expérience vers la défense. »
Interaction avec les délégations, les professionnels et le public
Comment se sont déroulés les échanges sur le stand ?
Pol Lombaert :
« Les délégations étaient impressionnantes et bien informées des capacités de la Flandre. C’était agréable à constater. Elles connaissent la réputation positive du textile belge, même si elles ne connaissent pas toujours notre nom.
Les visiteurs professionnels avaient des questions très concrètes, souvent entièrement dans notre domaine. Nous sommes maintenant en pleine phase de suivi.
La journée grand public était particulièrement chaleureuse. Familles, enfants, soldats… Certains soldats sont même venus nous remercier, parce que de bons textiles les protègent réellement et parce que la nouvelle génération d’uniformes est nettement meilleure. J’ai trouvé cela très émouvant : voilà de l’innovation qui porte vraiment ses fruits !
Nous avons pu expliquer aux visiteurs non-professionnels des histoires liées à l’aérospatial, au velcro, à l’isolation, aux matériaux déperlants et aux alternatives sans PFAS, en les reliant à leur quotidien. Cela a rendu l’expérience accessible et concrète. »
Organisation pratique de la foire
Comment évalues-tu l’organisation de BEDEX ?
Pol Lombaert :
« Très professionnelle. Logistiquement fluide, bien structurée. Les contrôles de sécurité ont entraîné quelques files, mais c’est compréhensible.
Notre stand ouvert a très bien fonctionné : vidéos, échantillons, branding clair — les gens entraient spontanément. Pour la prochaine édition, nous amènerons peut-être encore plus de matériel et préparerons encore mieux nos récits. »
Valeur stratégique et perspectives
Qu’apporte BEDEX à Centexbel sur le plan stratégique ?
Pol Lombaert :
« Énormément. Cela nous a offert une visibilité considérable — professionnelle et sociétale. Nous avons généré de nombreuses pistes et opportunités de collaboration.
Les prochaines semaines et mois seront intenses pour tout suivre, mais le potentiel est grand.
Et oui, je participerais à nouveau sans hésiter. Le timing, les thèmes, l’énergie — tout était parfait. »
Réflexions personnelles
Qu’est-ce qui t’a personnellement le plus marqué ?
Pol Lombaert :
« Une conversation avec un étudiant de dernière année qui pensait que le textile n’était pas fait pour lui. Quinze minutes plus tard, il repartait convaincu que la technologie textile est un monde fascinant et innovant. Cela m’a énormément inspiré.
Il y a aussi eu des questions professionnelles très stimulantes : je me suis dit plusieurs fois “là, on peut vraiment apporter quelque chose”.
Et enfin, la gamification de la guerre m’a marqué : impressionnante et en même temps inquiétante. Cela rend la guerre moins tangible, alors que la réalité reste dure.
Mais le plus beau :
La manière dont notre équipe a construit en peu de temps une histoire forte. Nous avons montré clairement que les textiles et les plastiques sont essentiels — aussi dans la défense — et que nous sommes pleinement prêts à soutenir cette innovation. »
Communiqué de Presse
Centexbel à Bedex
Centexbel revient sur une participation réussie à BEDEX
©2026, Centexbel
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Isabel De Schrijver